Zeens : Interviews de Pascal Voisin et Anne-Marie Courderc

Le distributeur hexagonal de presse Presstalis vient de lancer son application Zeens. Cette dernière permet de trouver un magazine dans la librairie ou le kiosque le plus proche grâce à son smartphone. Pascal Voisin et Anne-Marie Courderc nous expliquent son fonctionnement. 

PascalVoisinPascal Voisin Directeur commercial et marketing

Est-ce que Zeens est aujourd’hui pour Presstalis la manière d’entrer dans le 21ème siècle ?

Effectivement, cela fait quelques années que l’on accumule du retard. Là on essaie de prendre un petit coup d’avance de manière à ce que les titres puissent s’exprimer de la manière la plus moderne aujourd’hui qui existe, c’est-à-dire l’application.

Qu’est-ce que vous espérez en terme de retombées commerciales ? Sur un chiffre d’affaires de 100, qu’est-ce que vous attendez comme proportion venant de Zeens ?

À terme, on imagine un million d’utilisateurs donc cela la placerait dans les grosses applications type L’Équipe. Aujourd’hui on estime que cela peut avoir un impact de 2 à 3% de création de flux pour générer justement 2 à 3% de chiffre d’affaire additionnel. Ce qui est non négligeable sur un marché qui fait, je le rappelle, 1,5 milliard d’euros.

Combien de points de vente seront précisément recensés dans Zeens ?

Dans Zeens tous les points de vente sont recensés, c’est-à-dire un peu plus de 27 000. Alors, il y a une légère distinction par contre entre les points de vente qui sont informatisés pour lesquels ont peut communiquer le niveau de stock à l’utilisateur et ceux qui ne le sont pas pour lesquels on n’indique simplement que le titre a été servi, sans relation avec le stock présent.

Seules les publications traitées par Presstalis sont disponibles dans Zeens. Est-ce qu’à terme, d’autres pourraient apparaître ?

Alors c’est une application qui est d’abord tournée vers l’utilisateur donc forcément, on se pose la question d’élargir à d’autres titres. Aujourd’hui nous n’en avons pas la capacité technique, mais cela fait partie de nos axes de réflexion.

Tous les nouveaux numéros sont présentés dans l’application. Chaque fois qu’une nouvelle édition arrive, écrase-t-elle la précédente ?

Exactement. De la même manière que ce qui se passe dans un point de vente, un numéro chasse l’autre donc, virtuellement comme physiquement, c’est ce qui se passe sur cette application.

Ce n’est donc pas une banque de données de tous les magazines qui ont été faits par un éditeur sur une année ?

Absolument pas. C’est la photo réelle de ce que l’on trouve dans les points de vente.

Est-ce donc un vrai kiosque virtuel ?

Alors ce n’est pas un kiosque, car l’on ne peut pas consulter l’intégralité du titre à l’intérieur. C’est simplement un teaser qui est là pour renseigner le lecteur sur ce qui est disponible en magasin et lui donner envie de feuilleter encore plus et d’acheter davantage en point de vente.

Est-ce qu’à terme il est possible d’imaginer trouver plus que le sommaire dans la section remplie par l’éditeur ?

C’est immédiatement disponible. On peut tout à fait insérer de la vidéo, qui pourrait être l’interview principale du magazine concerné également un teaser, un condensé d’articles, une sorte de pot-pourri de ce que traditionnellement un lecteur peut voir quand il feuillète un magazine sur un point de vente et qui lui donne envie de l’acheter. Dans la partie « En savoir plus », on est quasiment infini en terme de contenu. Alors on ne souhaite surtout pas que tout le contenu du magazine soit accessible, mais plus le teaser sera performant, plus il sera large, évidemment, plus l’application aura un sens.

AnneMarieCoudercAnne-Marie Courderc Présidente du Conseil d’administration

Anne-Marie Couderc, est-ce que Zeens, ne marque pas finalement l’arrivée de Presstalis dans le monde du numérique ?

Oui, tout à fait, nous prenons, je crois le virage technologique que nous attendions de prendre déjà depuis un moment. Aujourd’hui je pense que cette application que nous allons mettre à disposition à la fois des éditeurs, des lecteurs et des diffuseurs est vraiment la bienvenue dans une période où la presse continue à baisser.

Pensiez-vous qu’il y avait un manque de ce côté-là ?

Tout à fait. Et ce qui est important aujourd’hui, c’est de démontrer que le numérique et le papier vont se compléter pour finalement la plus grande utilité, à la fois le lecteur, le diffuseur et l’éditeur.

Dans l’application, il n’y a aucun moyen d’acheter du contenu numérique. Est-ce c’est quelque chose que vous envisagez à terme ?

Alors pour l’instant, pas du tout. Là, véritablement, ce que l’on a voulu, c’est redonner aux kiosques une animation, amener le lecteur vers le kiosque. C’est notre démarche aujourd’hui, le numérique va créer l’animation au point de vente. C’est ce que nous voulons faire.

Le retour au papier ?

Le retour, le maintien du papier, bien sûr qu’aujourd’hui, la presse écrite a, à travers sa vente au numéro une baisse, mais on peut quand même, je pense, contrecarrer ce mouvement, tout du moins faire en sorte que toute cette dynamique très innovante du magazine, et du quotidien d’ailleurs, puisse être connue et la vente au numéro c’est quelque chose d’important. Le contact du papier, l’objet c’est important

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